Obsolescence à programmer ?

A l’heure où la sobriété s’invite dans les débats médiatiques, voire politiques nous vous proposons de passer quelques heures sur le thème de l’obsolescence dans le monde du numérique : sociologue, philosophe, ingénieurs, association, avocat, consultants, viendront poser leur regard sur ce qui fut, à une époque pas si reculée, un moteur pour la croissance économique mis en avant et promus par les industriels.

Résumé : L’obsolescence programmée (OP), en tant que problème publique constitué, repose sur deux assomptions fondamentales. D’une part, l’idée selon laquelle les grandes entreprises accusées de recourir à ce procédé seraient en capacité de le faire. D’autre part, l’idée, largement ininterrogée, selon laquelle il serait essentiel d’accroître, autant que faire se peut, la durée de vie des artefacts sujets à l’OP. Ces deux présupposés ne vont pourtant nullement de soi, s’agit-il en effet de faire durer le plus possible nos dispositifs ou de les faire atterrir, considérant qu’ils sont profondément inadaptés à la période actuelle et résultent d’un développement qui a vu naître des futurs obsolètes dont nous devons cependant hériter. Comment changer de rapport à nos artefacts tout en évitant les deux écueils que sont la réduction forcenée de leur durée de vie assortie de l’obligation de les remplacer, et l’ambition de les faire durer au maximum, dans une optique purement gestionnaire de la ressource. Nous proposons deux pistes pour renverser la conception usuelle de l’OP : du côté du design tout d’abord, du côté du droit ensuite.

Alexandre Monnin est philosophe, directeur de la recherche d’Origens Medialab, enseignant-chercheur à l’ESC Clermont et membre du GDS ecoinfo. Ses travaux l’on conduit à s’intéresser de très près au numérique et à l’Anthropocène, réinscrivant le premier dans l’horizon du second. Il a récemment contribué au rapport Lean ICT du Shift Project. Il préside également l’association Adrastia. Il est à l’origine du projet Closing Worlds avec Diego Landivar.
 
Gauthier Roussilhe est designer, réalisateur et étudiant à l’université Goldsmiths à Londres. Il a co-dirigé un studio de design pendant 5 ans avant de se consacrer à la recherche par le design.
Son sujet de recherche principal est l’étude des vecteurs dans les pratiques de conception (design) qui peuvent amener de mondes supposés illimités vers une Terre aux ressources et à l’énergie limitée.

Diego Landivar est économiste et anthropologue, co-fondateur et directeur d’Origens Medialab, enseignant-chercheur à l’ESC Clermont. Il est à l’origine du projet Closing Worlds avec Alexandre Monnin.



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